Du 7 au 9 juillet 2025, j’ai eu la chance de participer à un atelier un peu différent de ceux auxquels je suis habituée. Pas une formation entre jeunes ou femmes, pas un atelier de sensibilisation dans un quartier. Cette fois, j’étais assise à la même table que des conseillers techniques, des responsables municipaux, des représentants des 12 arrondissements de la ville de Ouagadougou. Et j’y étais en tant que jeune ambassadrice de la ville, dans le cadre du projet #AfriFOODLinks

L’atelier portait sur l’intégration de l’alimentation urbaine dans les documents de planification de la ville. Dit comme ça, ça peut sembler un peu technique. Mais en réalité, ça touche à des choses très concrètes : comment on produit la nourriture qu’on mange à Ouagadougou, comment elle arrive jusqu’à nos tables, et comment la ville peut organiser tout ça de façon plus durable. L’atelier était organisé par la Délégation Spéciale de la commune de Ouagadougou, avec l’ONG ACRA, Rikolto en Afrique de l’Ouest et de l’Est, dans le cadre des projets CRAVO (Cultiver la Résilience : Agriculture Viable à Ouagadougou) et #AfriFOODLinks. Pendant trois jours, plus de 60 personnes se sont retrouvées autour de la même question : comment faire en sorte que l’alimentation urbaine ne soit plus un sujet oublié dans les documents stratégiques de la ville, mais qu’elle devienne un vrai pilier des politiques locales.

Ce qui m’a marquée, c’est de voir à quel point ces échanges peuvent sembler éloignés du quotidien, alors qu’ils décident justement de ce quotidien. On a parlé du Plan Alimentaire Territorial du Grand Ouaga, un document qui doit orienter la façon dont la ville pense son alimentation dans les années à venir. On a aussi parlé d’outils de suivi, adaptés aux réalités locales, pour vérifier que les décisions prises se traduisent vraiment en actions sur le terrain. Ce sont des discussions qui, souvent, se tiennent sans les jeunes. Ou alors les jeunes en entendent parler bien après, une fois que tout est déjà décidé. Là, pour une fois, j’étais dans la salle, avec d’autres jeunes d’ailleurs dès le début.

J’ai surtout passé ces trois jours à observer : la façon dont les discussions avançaient, les priorités qui revenaient souvent, les points sur lesquels les avis divergeaient entre les différents acteurs présents. Cette posture m’a permis de mieux comprendre comment fonctionnent réellement ces espaces de décision, et ce qu’il faudrait renforcer pour que la jeunesse y prenne une place encore plus active. À chaque pause, j’en profitais aussi pour échanger avec d’autres participants, techniciens municipaux, représentants de la société civile, pour comprendre comment ils voyaient la place des jeunes dans ces politiques. Ces conversations informelles, en dehors des sessions officielles, m’ont appris presque autant que les présentations elles-mêmes.

Un des moments qui m’a marquée, c’est l’intervention d’un conseiller technique du Président de la Délégation Spéciale, lors de la clôture. Il a dit une phrase toute simple, mais qui résume bien pourquoi ces trois jours comptaient : « L’alimentation est un pilier du développement durable. » C’est une évidence, dite comme ça. Mais dans les faits, l’alimentation urbaine est souvent traitée comme un sujet secondaire, presque invisible dans les documents officiels. Voir des acteurs institutionnels reconnaître, publiquement, que ce sujet mérite une vraie place dans la planification de la ville, c’est un pas important. Et se dire qu’on était présente pour ce moment-là, en tant que jeune, ça donne du sens à l’engagement.

Ces trois jours m’ont rappelé une chose : les jeunes ont leur place dans les discussions stratégiques, pas seulement dans les activités de terrain. On peut sensibiliser, former, mobiliser sur l’alimentation urbaine autant qu’on veut ; si les jeunes ne sont pas aussi présents là où les politiques se construisent, une partie du travail reste incomplète. Je repars de cet atelier avec une conviction plus forte : continuer à me positionner, en tant que jeune ambassadrice, dans ces espaces institutionnels, même quand ils semblent un peu loin de mon quotidien habituel. Parce que c’est justement là que se jouent des décisions qui, un jour ou l’autre, nous reviennent, à nous, les jeunes de Ouagadougou.

Ensemble, comme le disait le message de clôture de cet atelier, construisons un système alimentaire urbain plus résilient, inclusif et durable. Et pour moi, inclusif, ça veut dire une chose simple : que la jeunesse ait, elle aussi, une chaise à cette table.

#TiemtoreFarida #AfriFOODlinks #ThroughFood #YouthAmbassadorAfriFOODlinks #BurkinaFaso


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